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En retard sur l'IA ? Ce que disent les chiffres de 2026

Publié le

L'essentiel

Début 2026, 67 % des entreprises françaises d'au moins vingt salariés déclarent utiliser l'IA générative (Banque de France, 3 septembre 2026). En 2025, 18 % des entreprises de dix salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'IA, trois fois plus qu'en 2023 (Insee, 21 juillet 2026). L'adoption n'est plus le sujet : ce qui manque, c'est la liste de ce qui est déjà en place.

« Nous sommes en retard sur l'IA. » La phrase revient dans presque tous les comités de direction. Elle suppose que les autres ont adopté l'IA et pas vous. Les chiffres publiés en 2026 disent autre chose.

Ce que mesurent la Banque de France et l'Insee #

Deux enquêtes publiques ont paru à six semaines d'écart. Elles ne mesurent pas la même chose.

SourceChampPériodeRésultat
Banque de France, Bulletin n° 266 (3 septembre 2026)Environ 7 000 entreprises d'au moins vingt salariésFin février à début avril 202667 % déclarent utiliser l'IA générative
Insee Première n° 2120 (21 juillet 2026)Entreprises de dix salariés ou plusAnnée 202518 % déclarent utiliser au moins une technologie d'IA

La Banque de France ajoute deux précisions. L'écart selon la taille est faible : 64 % entre 20 et 49 salariés, 83 % au-delà de 1 000. Et cet usage reste surtout limité ou expérimental.

L'Insee, de son côté, mesure une progression : 6 % en 2023, 18 % en 2025, soit trois fois plus en deux ans. L'institut note aussi que les entreprises françaises ont rattrapé les entreprises européennes de même taille, sauf celles de moins de cinquante salariés, à deux points près.

Ces deux mesures ne s'additionnent pas et ne s'opposent pas. Elles n'ont ni le même champ, ni la même année, ni la même définition. Lues ensemble, elles disent une chose simple : l'adoption n'est plus le sujet. La Banque de France le conclut elle-même, en écrivant que l'enjeu se situe désormais « moins dans l'adoption de l'IA que dans sa capacité à transformer » l'organisation.

Vos salariés ont pris de l'avance #

Regardez du côté des personnes. Selon le Baromètre du numérique, réalisé par le Crédoc et publié en février 2026, 48 % de la population française utilise l'IA générative. Chez les cadres, c'est 76 %. L'étude a été menée en juin 2025.

La Banque de France relève le même mécanisme vu de l'entreprise : l'IA générative peut être utilisée directement par les salariés, au travers d'outils standardisés. Vos salariés n'ont pas attendu votre feuille de route.

Pourquoi « retard » est le mauvais mot #

Le mot « retard » pousse à acheter davantage et à lancer un projet de plus. Or ce que ces chiffres décrivent, c'est un usage qui a pris de l'avance sur l'organisation.

L'IA est déjà chez vous, sans doute dans plus de logiciels que vous n'en citeriez de mémoire. Elle y est entrée par vos éditeurs, qui ajoutent des fonctions aux suites que vous payez déjà. Par vos administrateurs, qui ont ouvert un pilote ou un essai. Par vos salariés, qui utilisent les outils qu'ils connaissent.

Vous n'avez pas un problème d'adoption. Vous avez un problème de connaissance : l'IA est là, et personne ne tient la liste.

Les trois questions qui disent où vous en êtes #

Posez-les en comité de direction.

  1. Quelles fonctions d'IA sont actives chez nous, dans quels logiciels, et depuis quand ?
  2. Combien l'IA nous coûte-t-elle par an, tous éditeurs confondus, et quelle part de ce que nous payons sert vraiment ?
  3. Qui a le droit d'utiliser quoi, et avec quelles données ?

Si la réponse est « il faudrait faire le tour des services », vous n'êtes pas en retard. Vous ne savez pas où vous en êtes. Ce n'est pas la même situation, et elle ne se traite pas de la même façon.

Ce qui change quand on sait #

Un retard se rattrape en dépensant. Un flou se lève en comptant : une ligne par IA, avec son éditeur, la porte par laquelle elle est entrée, sa date, son coût et son état.

Avec cette liste, vous répondez aux trois questions en quelques minutes. Vous décidez ligne par ligne ce que vous gardez et ce que vous éteignez. Et quand un éditeur annonce un changement, vous savez tout de suite s'il vous concerne.

Pour dresser cette liste, voir l'inventaire des IA en entreprise et ses trois portes.

Sources

  1. Banque de France, L'IA s'installe dans les entreprises françaises, Bulletin n° 266, article 1,
  2. Insee, Insee Première n° 2120, Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025,
  3. Arcep, Arcom, CGE, ANCT (étude du Crédoc), Baromètre du numérique, édition 2026 : communiqué,
Dr Yassine Bouaïcha

Dr Yassine Bouaïcha

Fondateur d'Ojja, logiciel de gestion du parc IA. Docteur en droit des affaires.

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